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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

Au bord de la piscine-S

 

Lundi 6 juillet après lecture de ton mail! Intitulé après le baptême la confirmation

die-piscine.jpg

 

Me poser tel l'oiseau sur la branche après avoir volé jusqu'à l'ivresse. L'eau de la piscine année trente avec encore ses cabines en bois peint alignées, miroite comme un diamant enchâssé dans un écrin minéral : le Vercors. Les falaises blanches auréolées de nuages semblent lever le nez pour obtenir l'assentiment de leurs voisines d'en face.Ce mouvement de la tête que j'aime tant observer chez toi

Me poser pour mieux encore ressentir ta présence là insouciante, en vacances, la peau mate et brûlante,ton sourire lumineux. Dans ce creux de vallée, gorgé de fruits, l'air circule et les cigales chantent.

Ce matin, une volée de cloches m'a réveillé puis très vite les rayons ardents du soleil sur la toile de tente. L'ambiance est bonne enfant, les hordes de touristes ignorent ce coin de paradis. Les usagers de la piscine sont locaux, de vielles dames bronzées à l'extrême, des familles habituées et les occupants du camping municipal tout proche ; peu de monde en fait. Bien, les heures défilent en cachette, le temps n'a plus d'importance, seul compte la chaleur du soleil sur ma peau et combler le manque par la poésie.

J'ai décidé et nous avons décidé de rester la semaine là pour se poser, prendre goût à ne rien faire, rien projeter juste le plaisir de jouir du bruit du clapotis de l'eau, du jeu de lumières sur les pentes vertigineuses des montagnes environnantes, le soleil si l'on veut quand on veut et le rire des enfants heureux tout simplement.

 

Mais je pense uniquement à toi, à nous : je sens ton corps ruisselant sortant de l'eau contre ma peau, ta main sur mon visage dégageant les cheveux mouillés. Je sais nos corps emmêlés sur le sol d'une prairie, ta présence lente et sure en moi. Je sais ton regard planté hardiment dans le mien à la terrasse d'un café. Je goutte déjà l'arôme du café sur tes lèvres et les fruits murs dans ta bouche.

 

Je vais replonger et nager, glisser à la surface, ondoyer entre les plis nacrés de l'eau puis toute fraîche venir paresser sous les caresses du ciel rayons et vent mêlés. Lire et partir avec ce poète du sublime sensible :

« Nous sommes à nous deux la première nuée

Dans l'étendue absurde du bonheur cruel

Nous sommes la fraîcheur future

La première nuit de repos

Qui s'ouvrira sur un visage et sur des yeux nouveaux et purs

 

NUL NE POURRA L'IGNORER. »

 

Je sais qu'aujourd'hui tu te battras pour nous mais saches que ce nouveau monde a déjà germé en . Nous. J'ai confiance la distance nous rapproche, l'absence nous rend encore plus présent, les difficultés nous enchaînent, le manque nous remplit et la guerre nous pacifie. Nous sommes indestructibles, notre maison tu as raison est en nous : un abri nucléaire fait d'une seule et même cellule qui sait se multiplier à l'infini. Notre règne sur terre est arrivé, nous sommes des princes.

Nous sommes bénis, oins de l'huile miraculeuse des âmes dissolues en Une. Nous n'avons plus peur en effet, c'est une confirmation.

 

Je t'aime absolument r.

Rdrine (oui pourquoi ce d muet? Inutile jusqu'à mains tenant) 

 

 

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