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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

Blast

Je viens de finir, de dévorer plutôt les deux tomes de manu Larcenet BLAST. Voler, l'art de voler même qualifié de gros lard. la chose est stupéfiante, voir parfaite de mots justes, bien pesés. Le, les Blasts sont sidérants énivrants. Oui voler est possible. Revenir l'est moins.
"Et si cette fois, je ne revenais pas? Quel mal y aurait-il à rester ici où je ne pèse qu'un souffle? Ailleurs tout est pénible, difficile, tout fait mal. Ici, je suis une oeuvre." p192-3 tome 2
"Comment ne pas se haïr quand il est si naturel de se faire haïr? se haïr si fondamentalement, c'est comme se réveiller chaque matin avec le canon d'un pistolet dans la bouche."p 145 tome 1
Comment en effet? Reste "la solitude...se parcourir durant des heures sans rencontrer personne."
Le voyage est alors l'échappatoire ultime celui qui permet de se rencontrer. Le québec fut celui-là. Seulement je suis revenue pour lui, pour qui? Je me suis abandonnée là-bas sur l'autre continent, dans cet autre monde. Je ne me trouve plus aujourd'hui, surtout depuis qu'Il a disparu sans laisser de traces, d'odeurs, de mots qui auraient donner un sens. Il est mort sans laisser de traces, un corps que j'aurais pu baiser, caresser et m'enivrer une dernière fois. La mort n'a pas d'odeur, je le sais. C'est la peur de la mort qui empeste. Alors chaque jour qui se lève j'ai le canon dans la bouche. Oublie le m'écrit Al. Comment ? je ne peux oublier une partie de moi, de ma tête, de mes sens.
antonio-altarriba-lart-voler-L-zpAaJx.jpgEt puis j'enchaine sur -L'art de voler- d'Antonio Altarriba qui pour mieux exprimer le rêve de liberté de son père fusionne avec lui pour le, lui devenir dans le dessin et l'écriture. Ainsi à 90 ans Antonio saute du quatrième étage de sa maison de retraite pour avoir tout vécu sauf sa vie à lui. Il ne renoncera pas même si son envol vers la liberté ne durera que le temps d'une chute de quatre étages. L'histoire est véridique parce qu'une fois de plus la réalité est plus poétique que toute la création poétique des soit-disants poétes. La poésie, elle existe malgré vous, dans la nature, les ailes d'un papillon, une eau émeraude, une terre mouillée. Inutile de vouloir en rajouter : juste être silencieux et écouter comme un animal, de longues minutes, des heures l'air, la pluie, le vol des insectes, le cri des oiseaux, tout ce que l'on ne pourra jamais s'emparer, saisir.
"La liberté est un grand luxe, vous savez....Moins vous possédez et moins vous êtes possédé!"
reste une vie poétique, philosophique? Il s'agit de s'épargner chaque matin la détonation salvatrice. Pour cela, un seul remède :
"Allons de l'avant, allons plus haut! L'ici-bas et l'existence ne sont supportables que si l'on emprunt ce raide sentier vers les hauteurs!" F.Nietzsche
Ce sentier, j'avais commencé à l'emprunter à 42 ans, l'âge où Nietzsche commence à se rendre compte qu'aucun de ses écrits n'avait de lecteurs. Je lui tenais la main doucement et fermement. La montée était rude, le ciel était noir de mouches vrombissantes dégoutantes, la chaleur rendait insupportable tout contact. Je lui tenais la main, je savais QUI il était. Pour cette montée, je m'étais entraînée pendant des mois des années. je ne pouvais renoncer.
Nous avons atteint le cairn. Nous avons voler dans un ciel à nos dimensions, écartelé d'étoiles, comme un carré de soie peinte. Nos pieds étaient plantés dans la terre chaude, je me souviens, nous nous tenions toujours la main, définitivement. Je sais que c'était définitif.
Alors j'ai décidé de partir loin comme Polza, enlardée de mes blessures, de mon manque d'affection humaine. Je ne veux plus de chien, une chienne m'avait sauvée : je ne voulais plus devoir ma vie à quelqu'un.
Le chien est grandement supérieur à  l'humain qui aime à l'ignorer et croire qu'il le domine. Vivre avec un chien c'est refuser sa condition humaine et désirer l'améliorer pour éviter la confusion. Cette idée, il ne faut surtout pas la développer, l'étaler : "la vérité dit jacky est plus facile à dire qu'à entendre".
La solitude est nécessaire écrit Nietzsche. de cela j'en suis persuadée, reste à trouver à quoi?

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