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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

En train pour rien(1)

  

SEPT ILES. 7H50


J'entends les machines du train. Le voyage va commencer . J'ai une tente, un duvet une bâche et même 'un tapis mousse hyper confortable et isolant. Les passagers sont mêlés : indiens et blancs, des touristes. Ca bouge; c'est parti. Quelle aventure, je suis émue.

J'ai laissé mes coordonnées à Gaston, un officier des chemins de fer. En face de moi, deux retraités partis pêcher dans leur camp de Tonka 69.

Le train sort d'un tunnel avec un panorama à couper le souffle sur les gorges de la rivière Moisie, tour à tour agitée ou calme circulant entre deux murs de gneiss.

A ma droite, silencieux, avec des lunettes noires, l'air sûrs d'eux...Des chasseurs, des américains. La chasse au caribou ouvre lundi prochain, l'un d'entre eux est muni d'une énorme caméra, ils se rendent à Schefferville. Au Québec le chasseur est pêcheur et vice versa. La mouche préférée de mes voisins est la murder dotée d'un col de fourrure et d'une aile rouge, le reste du montage étant brun clair.

La rivière s'élargit, comme le paysage...le train effectue un doux serpentin, il accélérera après une dizaine de kilomètres. Le long de la voie, du minerai de fer gris souris et brillant de mille feux sous le soleil radieux de ce jeudi 12 août. J'ai du mal à me situer dans le calendrier, le temps ici est dépassé par l'espace.

9h04

Je vais aller « visiter » le train, prendre et faire connaissance en buvant un café comme hier a-m au Tim. Mon fauteuil est profond et très large, je dispose d'une table agréable pour l'écriture. Je suis bien. Des employés circulent régulièrement aux petits soins. Par la fenêtre, je m'attends d'une minute à l'autre à voir un orignal ou déjà un caribou, le train paraît suspendu.

10h53

Un paysage ravagé par le feu : épinettes, bouleaux et sapins. Mes deux pêcheurs pêchent la truite à la cuillère, leur camp est loué à l'Etat 200 piastres par an, le premier voisin étant à 8000miles.

Un groupe de jeunes québécois s'apprêtent à descendre la moisie en canoë : le parfum d'un film mythique me monte aux narines à les observer s'immerger naïfs et sans crainte dans un pays sauvage : Délivrance.

Au fond du train un wagon de retraités en voyage organisé depuis Québec, ils se rendent à Fermont, retour en bus sur la 389. A l'instant une chute fend la croûte terrestre impressionnante au milieu de ces milliers d'épinettes carbonisées. Le long de la voie toute à l'heure, un train déraillé, wagonnets couchés et rouillés. Ces accidents sont fréquents l'hiver. Un employé m'a dit que les ours étaient présents à schefferville, c'est l'ours noir, sa chasse est interdite et le camping...pas conseillé.

Les deux pêcheurs sont descendus ayant donné à l'employé leur numéro de bagage. Au bord de la voie, on peut voir des armatures de tente en branchages, ce sont des campements indiens.

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