Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

fatalité ou choix-SR

Rue Stanley; Quartier anglais. 10h

R, R, R,

Hier j'ai lu ton message des dizaines de fois jusque dans les  toilettes du restaurant où nous étions C, N (la professeur de bio de Montpellier partie étudier les baleines) et moi en catimini!
Le retour de C a été difficile...Ne retrouvant plus la relation que nous avions entamée à mon arrivée (peut être en partie à cause de la fatigue du décallage horaire et du voyage) j'ai été toute décontenancée, perdue et...très mal à l'aise de devoir vivre deux jours avec elle. Mais hier nous avons beaucoup marché, parlé et le courant s'est remis à circuler.Tu sais, je crois avoir, malgré les vacances, beaucoup progressé au plan relationnel, sentir le courant de l'entretien, m'y baigner et puis parvenir où je désire me conduire et l'autre avec : c'est encore mieux.
La soirée avec N a été même très émouvante. Tu l'aimerais beaucoup N au niveau professionnel (personnellement aussi! e tlà j'aimerais pas prendre le risque!), elle dégage une telle énergie et envie de partager ce qu'elle découvre que ses élèves (des classes terminales de 36 à 40 qu'elle est impatiente de retrouver) doivent vraiment "vivre" la biologie d'une manière assez...volante! Bref encore une dont tu dois ressortir de la classe en refoulant tes larmes. Elle part dès le 15 septembre dans le Briançonnais pour "un camp de géologie" de quatre jours pas plus sur un terrain naturel assez exceptionnel avec les profs de sport avec qui elle travaille de façon liée ; ils emmènent ainsi 230 ados. Le camp se fait chaque année, il permet de créer une symbiose d'emblée dans les classes et de tisser très vite des liens entre les futurs bacheliers afin que l'entraide prenne effet dès le premier mois de la rentrée.
J'ai passé vraiment un agréable dimanche en pédalant jusqu'à Dorval le long du canal Lachine puis le long du fleuve. Ici on déménage...les maisons toutes entières! On débarrasse les alentours puis on la déterre, l'installe sur des plots en attendant le camion. Je me suis demandée naïvement si l'intérieur de la maison avait finalement besoin d'être vidé? Le parc des rapides du St laurent fourmillait d'activités ce dimanche : danse en ligne, surf, rafting, rollers, vélos, course à pied, pêche, beachvolley (avec des joueuses réellement...), écriture, lecture, pique_nique, promenades amoureuses et siestes seulement importunés par les écureuils. Cet endroit est vraiment magique. Pédalant le nez au vent avec moultes zigzags j'ai fait la connaissance d'un français de Laval qui avait repris ses études tardivement et qui effectuait un stage à l'UQAM. Il utilisait un bixi ces vélos en borne libre service partout en ville. Nous avons échangé nos impressions pour tomber d'accord sur le fait que le cosmopolisme de Montréal est vraiment un bonheur, comme un idéal de société.
J'apprécie particulièrement le Montréal anglophone composé de tours de verre et d'immeubles des années trente, l'ambiance y est malgré l'architecture assez friendly. En m'installant en terrasse à ce café pour t'écrire, j'ai soudain replié mes affaires pour m'installer à l'intérieur; je t'explique : hier, C en passant dans une rue condamnée à la circulation avec force gardiens, m'a raconté un fait divers absolument effarant ayant eu lieu il y a plusieurs semaines déjà.
Un jeune couple entre dans un restaurant de suschis situé en bas d'une tour de plus de cent étages, le jeune homme (on le saura plus tard) doit y faire sa demande en mariage à la jeune fille agée de 19 ans à peine. La table réservée étant à l'intérieur, la jeune fille demande et obtient la possibilité de s'installer sur la terrasse_véranda. Un panneau de béton bordant une fenêtre 40m plus haut se détache, traverse le toit de la véranda et tue la jeune fille sur le coup, le jeune homme est totalement indemme.

L'histoire n'est pas originale mais elle m'interroge : fatalité ou dans une certaine mesure préméditation inconsciente de la fille, du garçon. Chaque acte de sa vie n'est -il pas profondément prévisible parce que intentionnel, je ne crois pas à la fatalité, notre volonté est bien plus puissante même si parfois abominable. Ce que je veux dire c'est que je ne regrette rien de ce que j'ai vécu jusqu'ici "fortunes et infortunes" qui me sont totalement imputables, je suis responsable ; je pense les avoir choisies vraiment. Le hasard alors? Et bien je ne crois pas qu'il existe dans le sens qu'on lui donne généralement.
Nous ne sommes pas nés du hasard mais d'une longue suite de micro, petites et grandes décisions prises en toute conscience qui font que la vie nous appartient entièrement. Notre Rencontre fait partie de cet "ordre" des choses R. Elle devait avoir lieu parce que nous la cherchions depuis longtemps. Cette idée me rend forte R. Nous deux, ne sommes pas le fruit du hasard mais le fruit de notre volonté invincible, aveugle parfois mais irrisistible;
Je t'aime vraiment, consciencieusement!
R vraiment, infailliblement mains tenant

rs

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article