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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

hic sunt sirenae-SR

Le 14/06/09

 

rascalimageLa suspension prenait peu à peu fin, les doigts lentement glissaient du Roc Enerol, l'ascension était stoppée. Les corps des premiers de cordée devenaient plus pesants et l'air moins respirable qu'au sommet, plus sec, en tout cas moins subtil.
L'île Uzion apparaissait soudain resplendissante au large, loin mais touchable du bout du doigt. Les rêves de l'autre nuit s'engouffraient dans la cage ouverte des certitudes : le château de kloster, une grande salle de boiseries, un jury en lunettes métalliques, épaule contre épaule m'annonçant que j'échouais à cette dernière étape alors même que je défendais encore avec conviction mon exposé ; les jeux semblaient ainsi faits d'avance. L'humiliation que je m'infligeais à obtenir ce papier était vaine : je ne pouvais recevoir une lettre jamais envoyée et pour cause! J'avais été recalée, en fond de cale, tout au fond.

La p(l)age blanche et les landes Mains résonnent alors en moi comme autant de lieux évocateurs.
Lentement mes pieds retouchent terre, minuit sonne radieux comme un midi, la nuit ne veut pas dormir. Mes sens sont en alerte maximum...L'embarcation téméraire guette la première lueur lancée du phare de la sirène. D'un corps de bâtiment à l'autre je vais , prends possession ou m'imagine pouvoir le faire rassemblant frénétiquement les moments épars, les membres qui s'égarent , colmatant la coque qui dans la mer démontée prend l'eau et pourtant l'île Fébo est visible de la côte ; l'eau de mer venant saper obstinément la cité imaginaire construite sur cette p(l)age. 
Mais une chose me manque et en même temps me comble : savoir le petit carré distiller ces mots ressassés, ces refrains envoutants, ces rythmes  entraînants. Ce matin, les oiseaux jouaient aux remplaçants, deux chevreuils les premiers rôles et le soleil le grand commandeur. Dans l'eau de la source, le ciel pourtant limpide se baignait. En redescendant du massif j'ai vu le fort Midable et sa bannière flottant fièrement au vent, j'ai senti le plaisir de Respirer, de vivre.

Pourtant le Cap S(e)ul m'attire toujours autant ; ho la destination est connue de tous, la falaise éblouissante d'à pic, la plage du même sable que le sablier de ma grand-mère :blanc et très fin précipitant ses grains avec véhémence dans l'étroitesse de verre. J'aimais jouer enfant avec le temps en bocal, comme si je pouvais le maîtriser en inclinant à l'horizontal l'objet en bois d'olivier finement veiné. 
Le hasard va me faire recevoir un artiste verrier le temps d'un weekend ; je viens de faire la liaison, c'est drôle comme la tête associe à notre insu.
Tout le jour, je te cherche à mon insu. J'aimerais r. t'insuffler bien d'autres choses uniques et inédites que nous seuls pourrionS comprendre : un secret publique en quelque sorte.

Je reprends l'ascension du ROC Enerol, le bateau en cale sèche! ; De là-haut j'espère apercevoir la lumière vibrante, la flamme du phare de la sirène.Il ne peut disparaître car il est un rêve et les rêves c'est bien connu existent vraiment.
Je tiens à nouveau la corde, laisse glisser mes mains à la recherche d'autres. Le chanvre les brûle mais la douleur est insignifiante, le but est trop grand.
s  

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