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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

je suis là aussi-SR

Montréal 11h50

R,

Je suis "rendue" comme ils disent ici...Le voyage a été éprouvant et magnifique ; j'ai quitté sept îles sous la tempête et retrouve Montréal la nuit en pleine canicule, j'ai vu mon premier cétacé mais toujours pas d'orignal et pourtant je croisais les doigts comme une petite fille à chaque fois que le bus passait une pancarte indiquant leur passage.
J'ai surtout fait la connaissance de Forrest gump version cyclotouriste Mr Jean François Bédard, qui accidenté à BAIE COMEAU faisait le retour en bus, le vélo dans la soute et le short en lambeaux. J'ai alors doublement voyagé en l'écoutant me narrer dans un débit ininterrompu ses randonnées en europe et surtout sa route napoléon, son passage dans les Vosges et la route des crêtes dans le brouillard...etc.
Bien sur Mr Bédard n'avait, malgré tous ces miles cumulés toujours pas fait la Rencontre, celle qui lui aurait fait oublier, pas le vélo non! mais le compteur, la course en avant à travers le monde...
Quand je lui ai dit, il s'est alors arrêté puis m'a regardé : j'étais la première à lui dire cela. Oui en effet, il avait introduit dernièrement une femme dans ses relations écrites de voyage mais personne ne le savait, elle n'existait pas...
Arrivée à l'appartement chargée comme une mule sur mon vélo reconstruit...rapidement, je me suis ruée sur la boîte aux lettres chargée elle aussi de ton courrier. Les sacs sont tombés et je me suis évadée avec toi malgré l'heure tardive et mon état liquéfié.

Aujourd'hui je vais "naviguer" en vélo dans Montréal et je t'écrirai à chaque coin de rue.
Ne t'inquiète pas, je suis dans la même réflexion que toi, je n'ose croire au feu que nous avons allumé et entretenu de quelle manière durant plus d'un mois. Comme il semble doux alors de revenir "au foyer". Je comprends mieux ce terme mains tenant et je le désire pour la première fois.
Je sais que ta voiture te conduira précieusement jusque chez toi. Tu y retrouveras mes lettres, mes drôles de lettres.
Je reviens Définitivement dans moins d'une semaine mains tenant.

J'ai pensé sereinement dans le bus que je ne reviendrai peut être plus au Québec, qu'il m'avait donné tout et beaucoup plus. Qu'il avait été une escale importante dans ma vie, intervenue par le plus grand des hasards. Il m'avait ouvert les yeux.
Pour te voir.

J'ai pensé que si j'étais allée jusque "dans toi" c'est parce que...tout bêtement j'étais sortie! 
Sortie de moi.
Je t'aime R, j'aimerais que tu n'en doutes pas.
Losque l'orignal sort du bois, il est vraiment sorti. Ils avaient bien raison : l'orignal c'est moi.

Alors je n'ai plus rien à faire au Québec, du moins sans toi.
Je reviens
Rs

C'est dans le film Forrest gump qu'apparaît la réplique « Maman disait toujours : La vie, c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » C'est aussi dans ce film que Forrest dit : « Maman disait toujours : N'est stupide que la stupidité. » Forrest répète quelquefois dans le film : « Maman avait le chic d'expliquer les choses de manière que je les comprenne. » Et bien évidemment, le célèbre « Cours, Forrest, cours ! »

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