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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

La chèvre de Mr Bastien

 
once upon a time
par sand

 

 

ardèche juillet 2011 046 

 

L'Hôtel. Le 24 juillet 2011. 16h40

 

Il était une fois... J'ai longuement hésité à décider si je retournais sur la montagne bleue, si j'en refaisais l'ascension seule, ma main agrippant le vide.

La force m'a manquée, je crois. En quittant le mas de la Bégude, j'ai viré à droite direction les Monts d'Ardèche, comme ça au dernier moment sans réfléchir. A l'opposé. Laissant parler l'instinct ou le moment tout simplement.

L'Ardèche, c'est malheureusement dans un premier temps les motards...Puis, soudain plus rien, parce que vous avez pris la route pas prévue, en petit sur la carte, s'éloignant de tout festival en vogue.

Un premier camping déserté par la venue du froid, au milieu d'un bois en bordure d'une rivière... absente elle aussi ne laissant qu'un lit vide.ardeche-juillet-2011-007.jpg

Faire des longueurs lentement dans la piscine carrelée comme à la belle époque, m'allonger le plus possible, tenter de décrocher les bras, les jambes, ne plus penser à rien, qu'à la caresse de l'eau sur ma peau, au plaisir d'être seule surtout, immensément, intensément.

L'orage et une pluie diluvienne ont lavé, martelé la tente toute la nuit. J'ai aimé vivre la protection d'une simple toile, un linge sur mes plaies. Une ricoré brûlante a réchauffé mes mains le matin avant un nouveau bain dans une eau tièdie par l'orage à nouveau. La tente fut repliée mouillée en...deux secondes.

 

-L'Ardèche et la chèvre de Mr Bastien-

Sur les chemins de pierre, au creux des calades, à travers les clapas, j'ai vagabondé dans la montagne quatre jours durants sans faiblir, bien au contraire, chaque nouvelle randonnée me rendant encore plus experte, plus forte, plus vive et alerte. Les bras légèrement écartés du corps, le souffle élastique, je me suis sentie invulnérable, prête à affronter tous les loups de la terre. J'étais devenue une louve à mon tour. Je chassais, souple.

La nature ici est un véritable musée, rien n'a bougé depuis l'éruption volcanique de type strombolien, les choses et les personnes vieillissent, meurent sans pour autant laisser du vide,au contraire...

Escalader la roche basaltique, débouler soudainement sur des petits ponts de pierre ou de bois, parfois une passerelle suspendue au-dessus des gorges, traverser maints gués, rebondir de pierre en pierre, avaler littéralement les montées rudes mais toujours abritées du soleil excessif par les chataîgniers, me perdre avec délectation, découvrir des "cabanes" au milieu de nulle part, épaves désormais incluses dans la nature, marauder abricots, prunes et poires sans vergogne comme une bête qui se nourrit, boire de l'eau jamais bien fraiche à la fontaine des cimetières, c'est cela l'Ardèche. Une chute ne pardonne pas...Les mauvaises rencontres? La plus très naïve chèvre n'a rencontré aucun vieux loup de mer seuleement des papillons avec qui elle covoiturait littéralement, des lièvres la nuit tombée, l'ombre allongeant encore leurs oreilles, des biches pas farouches, un aigle sur le sentier des gardes non loin de Loubaresse. La chèvre parcourait la montagne, le ventre léger, les flancs saillants. Elle faisait de courtes haltes, la plus longue fut celle allongée sur une coulée de basalte, seulement offerte aux rayons du soleil, les sabots ne reposant plus sur le sol souple, le ventre à découvert. ardèche juillet 2011 069                   L'eau de la rivière, couleur émeraude apparait souvent trop sublime pour s'y baigner, la chèvre sur le bord a longuement contemplé son cours, écouté ses petits bruits de gorge délicieux, observé la faune venant s'y abreuver, les poissons circuler tels des éclairs et les araignées d'eau y marcher. Elle s'y est laissée glisser en pensée, tout doucement, sa belle et longue fourrure blanche ondulant sur le courant, retenant débris de bois, fleurs allongées et duveteuses du chataîgnier et feuilles vernissées, les petites cornes s'aiguisant davantage aux rochers luisants.

La chèvre est revenue plus forte, plus musclée et plus indépendante encore de son escapade. Elle sait que son seul moyen d'existence ici-bas, c'est de parcourir le monde, la montagne, la forêt, les villes aussi sans jamais s'arrêter trop longtemps, n'écouter que les choses, la nature même en béton et son corps surtout vibrer.

Ecouter les habitants, principalement les plus anciens, ceux qui ne voient et n'entendent plus mais qui racontent les yeux tout entiers vrillés dans votre regard à vous...

 

Nénette est de ceux là, elle tiendra son café jusqu'à son dernier souffle. Nénette a 98 ans. Elle m'a permise ce dimanche matin, d'entrer chez elle, en elle aussi, re

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