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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

le calme humain-SR

Sept îles. Minuit 19

R,

Je suis revenue du bout du monde.Il m'aura fallu 28 h de train et une nuit profonde et sombre pour comprendre. Un voyage éprouvant aux confins du monde naturel mais aussi des hommes... j'ai beaucoup écrit. Pour la première fois, je peux dire que ce"défi" n'aura comporté ni échec ni succés. En fait je l'ai vécu et cela me suffit enfin, tout simplement car c'est ainsi que j'ai le mieux appris. Je suis.
Je suis revenue à 7îles où je me repose, respire doucement et regarde la vie d'une autre façon; l'avenir aussi. Une chose est certaine, tu as été de tous les instants avec moi, dans mes pas, mes peurs, mes élans, mes rêves, mes regards et surtout mes conversations nombreuses, insolites, sur le fil, urgentes, informatives. J'ai commencé R, notre entreprise. J'y pensais très souvent, elle a guidé ma volonté ultime : le désir incommensurable d'aller vers les autres, de les tirer, de les secouer, de les rassurer, de les écouter, de les regarder.
Là bas j'ai compris que je n'avais rien à prouver aux autres ni à moi même surtout, que je devais juste vivre les moments de l'existence comme ils venaient sans chercher à les dépasser ou à les fuir. Faire "le moins que je pouvais". Ce voyage sans fin en train et en moi fut une voie de fer vers le coeur, lentement et surement, butant, trébuchant, rebondissant, attirée, répulséee sur ces gens, ces drôles de gens, beaucoup  à mon image certainement! en partance pour une extrêmité dans un monde infini...celle de l'humain.
J'ai appris le véritable "calme humain" c'est à dire comme l'indique bachelard que j'ai beaucoup lu, le calme conquis sur soi-même différent du calme naturel. Ce calme humain c'est celui conquis contre une violence, contre la colère.

Aujourd'hui j''ai nagé dans l'eau violente, les vagues m'ont enroulée avant même que je recule tétanisée par la température. J'ai souffert le chaud d'un temps suffocant et orageux en courant jusqu'au bout des plages et ensuite le froid d'un Fleuve nerveux au dos argenté et hérissé.
 Mais ma nage pour autant quu'elle soit active n'est pas violente en référence à Swinbune dans BACHELARD "l'eau violente". Non, elle se rapprocherait bien plus de la description de la nage molle et volumétrique: "à l'exact limite du passif et de l'actif, du flottement et de l'impulsion. Où on rejoint la rêverie bercée"

Mes pieds ont pris plaisir à fouler quantité de sable aux textures et couleurs des plus variées, mes yeux ont aimé le soleil lorsque victorieux il perçait l'encre du ciel et la pluie qui suivait timide et douce, j'ai apprécié la plage déserte  pour n'être qu'avec toi, marcher le long des battures jonchée de crabes et coquillages et ce soir au port regarder longuement les mouettes dormir ballottées par le Fleuve noir, petits canards blancs dansant tels des culbutos qu'un enfant gâté aurait abandonné.
A la station de bus , les cars "écoliers" jaunes très haut de plancher sont prêts pour la rentrée qui aura lieu le 26 du mois. ils brillent ainsi que leur pancarte rouge et blanche dépliante marquée ARRET...
Une langueur m'a prise : je suis comme anesthésiée. Cette absence bientôt perdra son sens, comment peut-elle subsister. il faut que tu m'écrives sinon je vais dépérir mais peut être es-tu parti en randonnée dans ces paysages sublimes. Je suis jalouse de "cette île"! de ses beautés qui te séduisent, retiennent ta marche, de son soleil qui pénêtre ta peau, ses horizons qui captent ton regard, de sa chaleur qui te pénêtre, de sa mer qui te caresse, de son rythme qui t'apaise et de ses filles qui respirent l'insouciance. Ca  je veux seule te le donner mon amour et bien plus encore. 
Récris moi mains tenant que je suis là, revenue pour...toujours mon amour. Définitivement et même "infinitivement"
Laisse moi te donner plus que tu n'as besoin.
je t'aime FORT comme en colère. Mais mains tenant je sais la contenir.

 " Que fais-tu pour apaiser une mer en fureur? Je contiens ma colère." Edgar QUINET dans Poème sur Merlin l'enchanteur
Berce l'eau, l'eau te berce, ainsi est né le berceau...de bois. Tes bras me manquent, ils sont de  chair quand ils me bercent. j'ai besoin de tes bras, l'eau ne suffit plus R. 

RD (le san j'aimerais à cette heure bien m'en passer)
 

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