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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

loin trop loin-SR

Montréal. 9h26 dimanche 23 août

R,

Loin, loin, loin... trop loin. Infini à mourir. Je ne supporte plus notre éloignement R.
Je ne dors plus, tout mon être est tendu vers Notre pays, nos mains, nos corps réunis.
Là bas m'entends-tu encore? J'ai l'impression de plus en plus forte que :
"Tu n'entends plus rien tellement c'est loin...loin...loin..."
Cet écho me fend le crâne, mes doigts glissent sur la froide peau liquide du fleuve.
Je me laisse vivre comme à mon insu, ma pensée est ailleurs.
 "C'est froid, c'est seul
C'est long à finir, à mourir...ici"
Je veux tes mains sur moi, tes yeux à baiser, tes bras m'emprisonnant, oui m'emprisonnant, me mains tenant.
Je te veux Toi en Moi.
Et puis rien d'autre.
Faire l'amour. Et dans un moment d'extase faire le tour du monde.
Comment te dire que...
 quand le manque à ce point me prive d'air
tu es tout ce qui me fait vivre : l'air et l'eau.
Comment te dire que...
 tout chavire dans ces moments de ravissement intense, au creux de toi.

 

 Je m'en vais te rejoindre R, me fondre en toi, m'oublier, oublier tout le reste.
Mon imaginaire.
Ecoute cet écho : loin...loin...loin...Il faut briser ces montagnes, assécher ces océans, replier toutes ces cartes, réduire cette immensité à une peau de chagrin, faire du ciel notre lit où nous allons nous rejoindre, les nuages une douce couverture sur nos corps nus, sur notre amour pur. dans l'air un parfum de poésie.
"Nous avons dominé les gouffres, nous nous sommes élevés si haut que les dessins de l'abîme se sont effacés, ils ont acquis la pespective unie de la mer, la couleur du ciel et les vagues des nuages. " Balzac
Légers, nous ne craignons plus de tomber Raymond. C'est physique : la résistance à la montée diminue au fur et à mesure que l'on s'élève. Ce que qu'écris Eluard nous le vivons ensemble mains tenant.
"J'ai ouvert mes bras à la pureté. Ce ne fut qu'un battement d'ailes au ciel de mon éternité. Je ne pouvais plus tomber."


Notre pays est grand aussi, immense de rêves à dire, à faire. Nos rêves ont repoussé ses frontières à l'extrême, au delà de toutes limites.
Aimer c'est voler.

Je t'aime.
Il y a longtemps je t'avais écris ces mots de Rilke, je les récris aujourd'hui employant le Présent éternel:
"Où nul chemin n'est tracé
nous volons
L'arc en notre esprit est encore marqué"

Je t'aime R.
Pardonne moi.
Mon Dieu comme je t'aime.

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