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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

notre Vaisseau est insubmersible-SR

r,

Seule...à nouveau pour la troisième fois cette semaine. Mon corps se laisse faire, ma tête s'abaisse. J'ai mal, un mal nécessaire.
Je parviens doucement au centre, au coeur de mon être.
Alors j'y puise l'eau miraculeuse, le fluide d'amour pour toi et les autres. J'aime l'humain, l'humanité, la vie dorénavant.

Partout dans l'appartement, l'histoire du jeune poète Nelligan par l'orchestre symphonique, la mélopée d'une vie incomprise, une âme qui crie au secours enfermée par son père à l'asile. Une poésie désespérée :
"C'est le rêgne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et l'objet du mépris,
De se savoir un coeur et de n'être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs
d'orage!" 

Un homme seulement vivant de ses visions nocturnes sans jamais une main qui se tende, sans jamais un regard qui le réveille de ses nuits sordides. Un être rendu coupable de poésie! Aucune femme ni sa mère, ni sa mie qui le rassure, le prenne dans leur bras, baise ses paupières. Alors Emile au lieu comme deux amants lumineux et miraculeux de parcourir l'azur d'une mer inconnue, mains serrées à la proue :
"une nuit vint frapper le grand écueil

Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,

Et le naufrage horrible inclina sa carène

Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil."

Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève?
Qu'est devenu mon coeur, navire déserté?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!"

Le Vaisseau d'Or

Poème d'Emile Nelligan

 

Ra, ce soir seule, je mesure le chemin parcouru et à venir, les écueils évités par une main tendue et tenue justement.

Je sais ce soir mon manque d'amour, ma privation si longtemps tue, je sais mes rêves illusoires privée d'espoir. Ce soir la Sirène est une amie, l'océan un chemin éblouissant éclairé par un phare immense et bienfaiteur. L'horizon est une montagne majestueuse, ruisselante émeraude, papillonnante d'acidulées réalités vivantes. Au sommet le rêve accessible car mains tenant le doute n'est plus permis.

 

Ch. est partie, j'ai l'impression de la connaître depuis très longtemps : une soeur et une maman mélée. Aujourd'hui nous avons parcouru tambour battant le Vieux Montréal (pas si vieux! pour une française tout étant relatif), la pluie se plaisant à tomber à chaque fois que nous entrions dans un endroit fabuleux : musée archéo son sous sol (didactique au possible)et sa terrasse restaurant (j'y reviendrai!), Basilique Notre Dame de Mondrayal (je m'y sentais bien et pour cause!), Hostellerie Pierre de Calvet (un écureuil royal), Centre du Commerce Mondial et sa fontaine en provenance de Saint mihièl dans la Meuse, un restau vietnamien plein comme un oeuf (tu te lèves tu es remplacé dans la seconde) une glace au thé vert (vraiment spes...) et puis au lever du jour, enfin vers 9h du matin (avec Ch. on se lève du même pied)le Marché public une merveille de bonne humeur, de couleur et de saveurs!
 

L'italique brusquement je ne sais pas pourquoi!? L'ordi ne veut plus en changer. Pour l'heure, la sono crache les beatles et l'orage éclaire mon bureau un véritable petit abri,une cabane au canada mais en sous-sol.Le programme envisagé mais pas dévisagé :
Me rendre dans la petite Italie, courir jusqu'au Montroyal et crier de là-haut tout le bonheur de toi, je veux aussi dérouler 4 musées, revenir à certains endroits décrits avec un oeil pétillant par Ch....m'écraser à la bibliothèque de Montréal, chercher sans chercher un nouveau blouson de cuir au marché Bonsecours, au quartier latin, m'innonder les oreilles des auteurs compositeurs québécois, pédaler jusqu'aux îles et revenir l'engin dans un train de banlieue, préparer mon voyage dans le Nord (m'inscrire sous l'identité de Ch. à Allo stop et pour se faire devoir peut être me teindre en blonde et pour le coup faire carrément "quétaine", dénicher une piscine pas loin pour pouvoir murmurer au bout de chaque ligne d'eau je t'aime r...
Mais le plus important me rendre demain à la poste de quartier et faire du postier ou de la postière un chum tellement je vais venir radieuse du miracle qui m'anime, me soulève, m'enveloppe, me berce chaque minute dans l'air doux de Montréal "en amour" iL dira et il ne se trompera pas.

Ce pays est une deuxième peau, avec mon coeur greffé et mon âme sereine d'un roi je suis en effet très haut et fort BIEN.
A cause de toi, toi le seul coupable de ce bonheur merveilleux d'Être aimÉ, Amants aimantés et pas É perdus d'amour mais bien au contraire surs de leur route vers deux mains, mains tenant tout de suite si seulement.

Tu vois ce soir la police d'écriture se veut penchée vers l'avenir, vers demain, mes doigts sur le clavier ne courant plus assez vite pour dire le présent toujours en avance apparemment sur le courant de ma pensée orientée dans une seule direction: le devant nous , le plus loin encore, l'nvention pure de deux corps sErrés qui semblent prier pour le miracle advenu.

Il est 23h, je vais m'enrouler en toi, rêver à cet avion qui m'apporte dans un ciel noir ta missive précieuse.
Écoute comme le soleil qui se lève déjà à ta fenêtre te réchauffe le coeur même caché derrière un rideau d'eau ou d'étoffe
r tu devrais signer à ma place tant tu m'inspires tous ces mots et ces images.
Alors ce soir je signe
R (en lieu et place de S)

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