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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

oui à tout-RS

Cantara, samedi 1er août 2009, ton message m'a fait, une nouvelle fois toucher la vie

Bonjour S,
oui, nos solitudes sont des mondes, des réservoirs de vie, des fabriques de bonheur, des lieux de décision.
J'ai donc lu ton message, je t'ai lue, toi, au dedans.

J'aime cet itinéraire de mots qui prend la solitude, la mienne, la tienne, celle des autres, au sérieux.
Elle constitue, chacune isolément, les puits des vérités humaines, elles contiennent l’eau qui abreuve les vies, les vraies.
Je te suis, intimement, sur cette ligne de saisissement du réel qui place les solitudes au rang d’ espace primordial, vital et générique.
Nos solitudes dialoguent, souvent en silence, souvent en tension, beaucoup en élan, parfois en choc ou en rupture avec nos rencontres du monde.
Nous avons toi et moi ouvert depuis plusieurs mois, ce dialogue qui prend la solitude, dans toute sa mouvance, son mystère comme espace intérieur décisif.
Nous avons osé parler entre nous deux de nos solitudes intérieures, ultimes et intimes.
Je n’ai jamais encore auparavant tenu un tel dialogue de vie à un autre être.
Etrangement, très étrangement, hier à NY, avec mon ami Ch, certaines de nos paroles ont effleuré durant quelques minutes ce champ. Nous évoquions au départ notre amitié depuis 30 ans (Ch était militaire avec moi à AeP en 1979). Nous évoquions le fait que nos échanges ces dernières années étaient  des échanges forts, significatifs mais toujours libres. Nous en sommes arrivés à reconnaître que les échanges et relations en amitié (amitié vraie) font nécessairement  place à un dialogue intérieur solitaire en contrepoint.
Nous avons souvent Ch et moi évoqué, sans approfondir, nos joies de vie et nos difficultés parfois, mais  toujours à des moments cruciaux. Les mots, les silences aussi étaient des comme de petites lumières réconfortantes, sans prétention mais significatives, attentives et respectueuses l’un de l’autre.
Je te dis cela, car, je suis sûr ce matin, la lecture de ton message à l’appui, que ma discussion d’hier avec Ch était imprégnée de ta présence. J’ai parlé de toi sans m’en apercevoir immédiatement.
Je te dis cela parce que je crois que pour la première fois nos deux solitudes, S, la tienne et la mienne sont habitées. Il y a quelqu’un dans ma solitude. Il y a quelqu’un dans ma solitude. Je dois écrire deux fois cela.

Je te parlais d’une porte infranchissable que tu avais ouverte (sans rien prendre c’est vrai, sans rien dérober, mais justement c’est pour ça que tout vibre) c’est ainsi.

Nos solitudes sont habitées dorénavant. Elles nous propulsent en avant. Je veux y aller.
Je t’aime, je t’attends, je m’enroule à toi, ton corps oui, tout ton corps.
sc


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