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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

pour voler lâchez prise!

 

Une semaine plus tôt.

 

Bonjour, je quitte le Lion, y laissant un ange tombé mais pas déchu, blessé oui, une longue jeune fille sombre et lumineuse, silencieusement belle et amoureuse. Elle a 21 ans, il en a 37 de plus. Elle sert, il se ressert...du dessert. "Je vous aime Roxanne""oui mais encore". Que faut-il pour que ces trois mots puissent parvenir, atteindre, dire. Armanie, c'est un hymne à l'amour mais tû, contenu. Elle prie, elle attend et enfin se détend quelques jours avec son amie pour à nouveau inspirer, expirer sans lui. Elle me confie, elle raconte sa souffrance, ses doutes, ses certitudes aussi, sa difficulté à savoir, définir l'avenir. La formation qu'elle envisage dans les moments les plus heureux (dans ses bras) c'est sa porte de sortie. Il fait fermer les yeux Armanie fort et garder cette image. Je les vois tous les deux se promener au jardin public, le bras protecteur sur les épaules  mais fuyant par intervalles, selon les rencontres. Il est marié. Armanie n'est pas célibataire, elle est seule, terriblement seule même avec lui d'ailleurs, parce-que lui, il n'est jamais vraiment là. Lui, c'est l'entre-deux incarné, mais non l'amoureux! selon la formule de Sibony. Il promet, sait-il le poids des mots pour Armanie? Que fait-il de sa jeunesse, de sa beauté mais surtout de son amour, entier, immense comme ses yeux? c'est le genre de fille à aimer à en mourir d'un rien, pour rien parce qu'elle, elle aime à en mourir. C'est une femme, qui place l'amour au-dessus de tout quoi qu'il lui en coûte. Un moine japonais interrogé sur la catastrophe annonce d'un souffle: "le bonheur est compréhensible seulement à partir du moment qu'on ne l'a plus"

Peu de temps auparavant c'est Cléo que j'avais laissée au milieu d'un Dijon en "guerre", des monticules de terre partout, une pluie froide pour ensevelir le tout. Cléo c'est un bonheur frais et chaud en même temps, comme du bon pain, plus que tout vivante, une fille toute simple qui sait se jeter, se projeter, sereine, une petite reine pour sa génération. Cette fille là c'est Dom Pédro qui l'a faite, un don du ciel. Il fallait être terriblement amoureux pour concevoir une telle nana!. Elle est forte, forte d'un amour sans plis, large et immense qu'elle a reçu comme le messie, au coeur d'une Italie de velours. Son Dom Pedro c'est mon Jean à moi. Mort à l'heure, sans moi mais mort vivant alors!. Il repose à Cantara, drôle non? C'est lui qui m'a construite, élaborée, non! mieux comme dirait Ricoeur Constituée.

Ce weekend a été aussi celui des rendez-vous manqués, enfin presque tous. L'ami déjà (et non l'amant qu'il n'a jamais été, même en pensée parce que Mika c'est mon témoin vigilant et impuissant mais toujours présent et j'y tiens), qui après moult sms pour convenir de l'heure et de l'endroit doit se résigner (pas bon ça les résignés!) à ne pas me voir parce que l'ogresse rentrait plus tôt que prévu de...sa séance de spa. Une femme sait sentir ces choses, y compris celles qui semblent découvrir leur infortune de femme en fait toujours détrompée! Bref, un simple café en terrasse, les pieds dans l'eau, une frappe amicale dans le dos n'a pu être possible! Mais lisez plutôt. Je venais de répondre par sms : permets moi de sourire.

 

 

"Je te concède volontiers que ma déconvenue de ce matin est risible. Depuis plus d'un an,je vis dans un pitoyable vaudeville où je dois ruser,louvoyer,accepter des compromis pour pouvoir finalement rencontrer des amies.Et à quelques exceptions près,je sors mon épingle du jeu et cette situation met beaucoup de piment à ma vie et je m'en accommode bien:j'ai le beurre,l'argent du beurre et le sourire des crémières.

Cela doit te paraître peu glorieux à toi qui es "entière" et capable de choix et décisions déchirants.J'en ai conscience,je te comprends mais ma vie est somme toute riche et douce.

Mon manque de réactivité aux sms vient du fait qu'en période de vacances,je planque mon portable et ne le consulte en gros que tous les deux jours.(en période de boulot je le porte en permanence).

J'espère que nous aurons d'autres occasions de rencontres et que nous deviserons à nouveau par mails. Je remarque que tu es très productive sur ton blog que je consulte tous les 3 à 4 jours.(Je te ferai part de qqs petits commentaires dès que j'aurai le tps et la tranquillité requis)

Bonne route et bonne reprise. Sois prudente. A bientôt"

 

Je vous laisserai l'interprétation de cette...confession? aveu? prétexte, agacement? excuse? s'excuser de quoi d'ailleurs? qui peu avant le cauchemar au pays du soleil vert nous parlait des vicissitudes d'une vie de couple ou plutôt de simples accouplés. Ma réponse sera Réagis! en lisant l'homme révolté de Camus plutôt que résigné à une vie "confortable" mais surtout con. Je souris et il trouve sa situation risible. On ne sourit pas du ridicule, on s'en moque. On sourit bien au contraire...par affection. L'amour véritable défini sommairement serait celui qui n'attache pas. Pour aimer, et faire que cet amour soit l'unique, le grand il faut être libre, libre comme l'air, un fluide peut être paradoxal non?

Je vous aime moi, tous. Vos faiblesses font vos qualités. Mais ce que vous pensez être des qualités "ce self contrôle, cette maîtrise" vous éloigneront toujours d'une certaine verticalité initiée lorsque l'homme se relevant est devenu bipède. En effet pour voler, il faut lâcher, du lest, lâcher prise.

Et quand vous volez, croyez -moi, l'horizon lui aussi s'agrandit. L'amour aussi.

 

 

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