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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

réminiscence, Montréal-S

 

Quartier Latin. 18H22 .samedi 22 août

R,

 

Un parc à Montréal c'est beaucoup plus qu'un simple jardin public. Bien sur il y a des arbres, des plans d'eau, des massifs de fleurs, des gazons (pas aussi entretenus qu'en Angleterre), des écureuils volants, des enfants et des parents courant après.

Mais ici à Montréal, il y a aussi des fontaines d'eau pour se rafraichir dès qu'on en éprouve le besoin (c'est dire le nombre par cette canicule), des toilettes propres, des tables à pique nique à profusion avec bbq, des séances de taïchi sur l'herbe, des mini concerts, une organisation sympathique toute rose vêtue d'une marche de 60 kilos! ( abréviation québécoise de km) contre le cancer, des cyclistes par dizaines qui peuvent pour une nuit camper en plein milieu des pelouses, des enfants très souvent promenés dans une remorque légère en toile fixée au vélo, des anniversaires avec ballons, des hamacs tendus en bordure de plan d'eau, des gens « écrasés » au soleil merveilleux en cette fin août, des filles ravissantes mais peut-on être autrement à vingt ans? Entre coureurs on se salue de la main.J'aurai couru longtemps sans m'en rendre compte, tellement heureuse de découvrir en oubliant mon souffle, les yeux grands ouverts avides de regarder, regarder pour te raconter.

Comme j'aimerais me promener ici même avec toi, s'amuser des situations, repérer si facilement les américains à leurs chaussettes blanches, s'étendre sur l'herbe sous un saule pleureur si majestueux au bord du fleuve, s'enlacer, se murmurer. jardin.jpg

L'après-midi je me suis rendue à bicyclette...en Chine. Le quartier par cette chaleur accablante m'a parfaitement transportée à Pékin il y a quelques années déjà où je traversais la place rouge avec une petite J dans les bras supportant allégrement les 40 degrés; les vieilles personnes sont accroupies et devisent calmement, on boit du thé vert glacé et non pas du coca, les commerçants parlent fort, Lacoste et Converses falsifiés s'affichent à des prix au plus bas, les menus des restaurants sont uniquement en chinois et la brioche vapeur fourrée de haricot rouge a le même parfum que dans mon souvenir. Seulement l'endroit pour une fois n'est pas grand!

Je me rends ensuite au musée d'Art contemporain où un mariage se prépare dans le hall loué pour l'occasion..; Je découvre les photos « interdites » parce que dérangeantes de Polidori sur le site de Tchernobil, à la Nouvelle Orléans, à Versailles, à Damas, New York... puis « Le jardin du sommeil » de Spring Hurlbut : une collection d'une centaine de lits et berceaux d'enfants en fer du début du siècle disposés en bon ordre dans une pièce éclairée par des plafonniers bas. La lumière douce chasse très vite l'impression mortifère que l'on éprouve en entrant. De nombreux sentiments jaillissent alors...On en ressort bizarrement remué et apaisé en même temps.

Au sous sol des vidéos musicales très originales et poétiques : je manque de m'endormir dans le fauteuil profond et dans une obscurité rare au Québec ; en effet les maisons n'ont pas de volets seulement des stores non opaques.

jardin-du-sommeil.jpgR, c'est bon : je m'ennuie ici. Tu le lis, tu me vois errer, démobilisée. L'espace se rétrécit ici même au Québec et le temps s'allonge exagérément ! Je m'occupe les yeux, l'esprit, je suis comme maintenue en respiration artificielle.

D'ailleurs c'est peut être l'effet de serre due à la chaleur mais j'éprouve de plus en plus de mal à respirer sauf lorsque je cours; mes poumons ont besoin d'être greffés; ils se gonfleront à nouveau à ton souffle, tes baisers ; mes yeux s'éteignent peu à peu, ils sont las. Toi seul peux les rallumer.

Comment seras-tu vêtu? Pleuvra-t-il? Fera-t-il froid? Quelle heure de la journée nous réunira?...

Ce moment magique est inimaginable et pourtant je n'y fais qu'y penser toute la journée. Je ne dors plus à nouveau, l''impatience, le désir de te lire tôt le matin et le soir tout le soir jusqu'à l'aube pour toi.

Me trouveras-tu encore...comme dans ton souvenir? Mon corps ne te sera-t-il pas devenu étranger, ma présence étrange. Je t'aime R tellement haut et fort que ton corps même n'existe plus.

Enfin oui et non; mon sentiment est si profond que j'ai l'impression de nous avoir « dématérialisés » toi et moi; nous sommes de purs esprits si confondus que la réalité devient elle aussi abstraite comme nos existences. Il est grand temps que nos mains se serrent à nouveau R.

C'est l'essentiel, le but ultime de mon existence mains tenant : que nos mains se rejoignent.

Je t'aime et encore une fois le mot est ridicule.

Rd en un seul mot, un seul souffle.

 

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