Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

second cup-SR

BERRY. UQAM 18h
R,

Je t'écris depuis la grande bibliothèque et surtout depuis mon propre eeepc. C'est laborieux mais ça fonctionne. Il faudra juste que je m'achète un adaptateur de prise. Demain je pars très tôt pour Québec où je resterai une nuit chez la fille de mes amis et ensuite nous aprtirons en voiture jusqu'à Chicoutimi, je ne sais pas quelles seront les conditions d'accès à internet. Je teste donc ma machine ici  puis toute à l'heure dans un café avec wifi.
J'ai trouvé ici toutes tes références bibliographiques à consulter au fond National. A Sept îles il y a une bibliothèque municipale, la ville compte 2000 âmes. Si je ne trouve pas PAZ, je pense y trouver une connection à toi, un arc et une lyre pour t'atteindre et t'aimer à distance.
Ce matin, j'ai trouvé le sentier des pêcheurs au bord du Fleuve juste avant les Rapides. Je me suis souvenue des légendes iroquoises. Un garçon pêchait en ayant fixé des pinces à linge pour lester sa ligne tendue par le courant. Un couple était allongé sur le tronc d'un saule, laissant filer au gré de l'eau un pied ou une main. Le ciel était brûlant et mes yeux aveuglés devant autant de lumière, de lumineuse quiétude. Des oiseaux s'échappaient d'un fourré me faisant sursauter et des orchidées sauvages m'effleuraient les bras nus. Un vol d'oies sauvages est venu se poser sur un îlet. En contre bas des rapides, l'île aux hérons est une réserve protégée d'oiseaux migrateurs. Courant sur le sentier, je devais baisser la tête sous les branches basses des saules et me protéger le visage des hauts roseaux. J'étais devenue une iroquoise! L'arc et la lyre. Les vagues produites par le tumulte du Fleuve à peine hésitant de savoir quel bras enfilé, se créaient à l'envers du courant. Oui des vagues à l'envers. C'était magique.
 Sur l'île aux hérons, j'ai longuement contemplé le fleuve à cet endroit comme pris de convulsions, juste ce qu'il faut pour avoir vers 1560 effrayé et rebuté Cartier d'aller plus haut. Champlain osera lui lui remonter le dos. Ces rapides aujourd'hui servent à la centrale électrique du Québec et puis amusent des touristes avides de sensations fortes à bon compte...La contemplation se perd au profit d'activités de divertissement et surtout d'une frénésie de photos qui avec les numériques tuent le regard, le vrai, celui qui s'appuie, prend son temps. On dirait que le souvenir importe plus que le vécu et surtout que la grande consommation a atteint ce dont il n'aurait jamais fallu toucher...le regard. On ne s'arrête plus pour observer, s'émerveiller comme on disait. Il faut voir dit-on aux consommateurs de voyage mais voyager ce n'est pas cela c'est "regarder", s'imprégner et se laisse gagner par  l'émotion vraie. Regarder les élèments, les empreintes, les sentiers et le ciel, regarder les gens bien sur!, leurs mains et leurs chaussures, regarder derrière les choses, dans les arrières cours, les ruelles en impasse. regarder c'est accepter de se perdre un peu juste pour "voir" ce qui n'était pas à voir mais à regarder...
Je suis revenue par le Natatorium et là j'ai reçu un compliment inusité à mon égard de manière impromptue. Par  pudeur, je le tairai mais il m'a mis de bien bonne humeur. J'espère que tu as bien reçu mes lettres et cartes, je continuerai car dans ces envois on peut mieux que dans les courriels y glisser de la matière, du touché et des sentis.
 
SECOND CUP. 20h

Mon envoi de la bibliothèque a échoué faute de batterie. La fille du bureau d'information malgré la fermeture toute proche m'a abreuvée  de documentations sur Le Saguenay et ses fjords, ses parcs naturels et ses grosses bêtes..., m'a remise un plan de sept îles (un damier de jeu de dames) et indiqué l'endroit où me procurer ma prise! Alors voilà je suis au Second Cup, le smoothie glacé aux "petits fruits" était succulent et ma machine branchée fonctionne magnifiquement, l'accés est gratuit et je dois dire que je suis mieux qu'à la biblio. L'ambiance est sympathique et le café grand cru. Personne ne te presse d'en finir, c'est même mieux qu'à l'appartement!
Je voulais aussi rectifier certaines références de mon courriel d'hier soir : en effet ce n'est pas Charlie Chaplin qui reste accroché à l'aiguille de l'horloge mais Buster keaton et Anis aux francofolies avait laissé sa place à Sébastien Champlain. Cela m'importe car ces mots te sont destinés, ils se doivent d'être justes et précis afin que toi, de l'autre côté de l'océan tu puisses avoir le même regard que moi sur cette ville que j'aime. Je t'ai écris déjà que tu devais me donner la main pour que je t'emmène, cela continue et n'est pas prêt de s'arrêter si tu me permets d'emprunter tes mots.
Voilà le hic, c'est que tous ces gens bien sympathiques qui m'entourent et résonnent du bonheur d'être ensemble vont bientôt se lever et quitter les lieux pour un restaurant, un film ou un concert. Ils se  tiendront par le bras, se tiendront même la main, surtout les deux là. Et l'abîme de ton absence fera de ce café un immeuble souterrain de plus à Montréal. Bien sur je ne serai pas la seule à rester là...mais à penser à toi oui.

Je reviendrai Mon Rai Al
Dans l'été finissant
J'ai besoin de revoir mes filles
et leurs yeux conquérants


Je reviendrai Mon Rai Al
J'ai besoin de la lumière
jaillie de nos mains serrées
qui fait naître mes sourires
qu'on croyait disparus

Je reviendrai Mon Rai Al
écouter tes mains
regarder tes mots
où se poseront mes lèvres

Je veux conduire ta voiture
Me régaler de homard
Pêcher dans le lac
de nos envies jamais assouvies

Je reviendrai Mon Rai Al
Dans un 747 bleu corsair
Je reviendrai 
Me couler dans tes bras

pour que tu me berces tout l'hiver 
R, au risque de me répêter...de faire dans la réthorique

Je t'aime "d'une seule femme" invention du jour!

s pour tous les jours et toujours

Mon amour 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article