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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

toi+moi, Où sont-ils passés?

Dimanche 6 mars, 14h, L'Hôtel

 

Mardi fêtera la journée de la femme comme pour en 24h sensibiliser à une cause perdue. Pas à jamais, non mais perdue dans une nébuleuse de sentiments contradictoires. Car le plus grand obstacle à l'émancipation et à l'épanouissement de la femme c'est...souvent la femme.

L'épouse trompée, harcèle la maîtresse(!) de son mari, prête à tout pour conserver sa principale rentrée d'argent. Sont en jeu, vous comprenez, ses visites hebdomadaires, sac en papier recyclable au bras au Comptoir des colons, ses séances de spa avec les copines du même acabit et essentiellement ses déplacements dans le taxi familial. Oui, inutile de dire que Madame C. ne conduit ni ne travaille ou alors juste assez pour payer la bonne. Dans le cas présent, la femme exploite la femme elle-même asservie consciencieusement à "son" homme pour des raisons bassement matérielles. Elle se réduit donc à un objet de mode, de mondanités où elle excelle et de futilités où elle noie son absence à elle-même.. Sexuellement? J'ose espérer qu'elle a, elle aussi un ou plusieurs amants venant combler ses heures perdues (fréquentes!)et (rares!) frustrations d'achat. Madame C., vous vous en doutez est une caricature. Plus souvent, l'hyper Edouard remplace le Comptoir, les réunions tupperware les séances de spa et les déplacements se font de façon autonome car madame X. travaille elle vraiment, enfin à 75%...En effet, madame fait croire que c'est pour mieux s'occuper du petit dernier (âgé de 20 ans) alors que la masse horaire dégagée lui permet de faire les soldes tout son saoul mais surtout de moins s'investir dans un métier "humain"(enseignant souvent) qui a la désagréable particularité ces derniers temps de faire se poser de plus en plus de questions... Alors s'en dégager par un temps partiel parvient à éviter ces "p..." de questions existentielles comme celle de se demander qui on est, qu'est-ce qu'une femme?

La jeune fille de Madame sera e ngénéral traitée comme une princesse par son père et une lolita par sa mère qui cherchera à travers sa fille la jeunesse éternelle. La publicité du Comptoir est révélateur de cet état de fait mettant en scène la mère et la fille deux clones de "marque" sans aucune personnalité. La jeune fille porte les cheveux lissés artificiellement, elle est pendue à son portable et sur son profil facebook on retrouvera ses marques "existentielles", elle a comme soucis principal d'être connue, non par ses faits et gestes mais par le nombre de pages google à son nom. Elle appartient à cette génération de transparents ainsi appelée par Gérard Wajcman dans son livre l'Oeil absolu. Après Big brother nous serions passés à l'âge des little brothers (and sisters!).

Alors où réside la femme d'aujourd'hui, enfin quelqu'un de tangible?J'ai rencontré ces femmes dans les lieux les )plus improbables : à l'hôpital, dans la rue, à l'hospice, sur le trottoir, entre deux portes...C'est Mimi, une dame seule de 80 ans, sourde, venant de subir une trachéotomie qui ingurgite à la seringue et "en douce" la tasse de café dont je me prive avec un plaisir certain ; C'est Zahia, algérienne, fuyant le pays et son mari maltraitant, perdant ainsi tous ses droits sur ses enfants. Elle obtient la nationalité française à la force du poignet, travaillant jusqu'à ce qu'un patron observateur remarque son handicap : Zahia peu à peu devient aveugle. Elle vit aujourd'hui grâce à sa pension d'invalidité, logeant dans un studio HLM décent, et luttant dorénavant pour retrouver sa dernière fille, restée là-bas en Algérie ; ce sont toutes ces jeunes maghrébines qui s'accrochent à l'école pour échapper à la loi du père puis du frère, du quartier où une femme, digne de ce nom est appelée "femme-pirate", c'est encore Rania, fille de harki qui à 19 ans quitte sa mère et ses soeurs, le camp tout entier pour "vivre" comme elle l'entend, le veut. Elle épouse un français malgré...l'avis négatif de sa belle mère. Une fois veuve, Rania apprend à écrire et entame une formation. Enfin, ces mamies rencontrées à la Maison St A., retrouvent le sens inné de leur condition, le devoir de mémoire, le message d'humanité à transmettre...quand encore on accepte de les voir, de les toucher, de les écouter. Elles ont tant à nous dire.

La femme c'est le don. Le don de sa personne. Pour un bien commun, celui de l'humanité. La femme c'est l'Homme.

Mais revenons à notre caricature et à l'humour, caractéristique humaine par excellence.

Selon les statistiques, la majorité des divorces est à l'initiative des femmes. Le divorce, pour être passée par là, serait idéalement envisagé à l'amiable dans un dialogue constructif, dans le but de bien séparer non seulement le couple mais aussi et surtout les enfants de la procédure. Il est regrettable que nombre de femmes essentiellement puis les hommes ensuite par dépit, se servent des enfants comme d'une arme...Quand plus aucun dialogue n'est possible, les enfants sont les ultimes mots orduriers lancés à la tête de l'un et de l'autre. La séparation de corps et non des enfants doit préfigurer bien en amont et le plus rapidement possible le divorce matériel! Accepter de se retrouver seul avec ses seules ressources doit servir à entamer un dialogue indispensable. Les enfants devraient dans tous les cas de figure sauf en cas de maltraitance avérée (antérieurement) vivre très tôt une garde alternée. Ils ne seraient plus ainsi les témoins et instruments de la violence conjugale si ce n'est pire. Dans le cas présent, le mariage (qui revient en diable!) est l'assurance-vie (entretien) et maladie (pour la sécurité sociale!) de Madame C, qui aura abandonné ses études pour "se consacrer" à sa famille. Amen. Tout le travail de Madame résidera donc à entretenir sa personne par l'usage de moult crèmes anti-âge très chères et inutiles et par la protection forcenée de la cellule familiale, garante de sa respectabilité et de tout le sens de sa maigre existence. Madame sera donc une mère pour ses enfants (la meilleure garantie contre une séparation décidée par le mari (rare, je m'expliquerai plus tard))et la mère disparue de son mari...la femme réduite ici au rôle de mère.

Les enfants...Voilà bien l'arme à double tranchant la plus redoutable pour la femme.

Sans enfants, vous serez, en tant que femme, conspuée par vos "congénères" même si vous n'avez pas choisi cette situation pour cause de stérilité par exemple. Souvent, la réponse de ces femères à l'annonce de votre impossibilité d'enfanter sera comme une évidence : l'adoption. J'ai combien de fois répliqué à ces fanatiques de la maternité (qui semble à elle seule les faire femme) pourquoi elles n'avaient pas elles aussi adopté, plutôt que de faire naître un nouvel petit être sur cette terre déjà surpeuplée d'enfants abandonnés, privés de mères "normalement" fabuleuses comme...elles? En général je n'ai jamais obtenu de réponses sauf celle de me demander de quel pays provenaient mes filles adoptives, apprenant que le Népal était plus tendance que la Chine. Qu'en effet elles y penseraient un jour, plus tard, le jour de leur ménopause, lorsqu'elle auraient à refaire, alors divorcée, leur vie de femme (forcément maternisante)...

Ancrer la femme sur la maternité est une aliénation et soumet encore plus la femme à l'homme (et à sa condition intégrée comme telle), pour qui en effet la femme de ses enfants sera toujours LA seule, l'unique Femme quoiqu'il arrive...Mais les hommes sont d'autant plus enclins à penser ainsi qu'ils ont été élevé par ce même genre de femme qu'ils ont ensuite cherché à épouser (forcément, ça rassure).

Je parle en connaissance de cause, ayant été maîtresse dans tous les sens du terme! D'ailleurs je me suis souvent interrogée sur ce terme, l'alter ego masculin n'ayant pas la même appellation et pour cause : l'amant. C'est à nous femmes "amantes" d'oeuvrer à généraliser cette dénomination, seule à même de réhabiliter là encore notre épanouissement. La maîtresse est tout l'inverse, ne contrôlant rien. Amante, c'est éprouver le bonheur d'être la maîtresse de plusieurs hommes à la fois. Je vais certainement choquer les oreilles les plus prudes. Mais un homme infidèle a souvent plusieurs maîtresses, c'est ainsi qu'il est heureux véritablement car jamais déchiré par les affres d'une décision rendue nécessaire par Le choix. Avoir le choix c'est justement de ne pas en avoir et ça c'est reposant, bienfaisant. Je n'ai jamais été une femme aussi heureuse que le temps où j'avais Le choix! et qu'alors je n'en faisais aucun. Quand fut venu le moment de faire un choix (au nom de quoi? de ma condition chromosomique de soumise? un vieux fond religieux refusant le mensonge et la dissimulation? ou la croyance en l'Amour unique?) Oui, c'est à ce moment là, que j'ai cédé aux diktats sociaux de ma condition de femme et plongé volontairement dans l'asservissement, en choisissant. L'Autre deviendrait inexorablement cet enfer décrit par Sartre.

Je pèse mes mots. On ne peut exister, au sens existentiel qu'en étant Une ou Un. Même si notre recherche insensée nous pousse à croire à la fusion des corps et des esprits dans un être unique, un être d' Amour. Cette croyance, malgré et grâce à mes déconvenues, je l'ai, chevillée au corps et au coeur. Cet Être abolira les notions de sexe et ses souffrances respectives. La femme doit donc apprendre à vivre seule sans chercher vainement à se comparer à l'homme mais au contraire par cette indépendance croissante (sociale, professionnelle et familiale surtout) à aller à sa rencontre sereine et libre. Pour cesser d'aimer mal, c'est-à-dire s'abandonner tout simplement et renoncer à sa solitude ( ce sera toujours le sort de la moyenne). Le plus grand amour de Sartre ne fut-il d'ailleurs pas Simone De Beauvoir avec qui il ne se mariera jamais. Un castor.

Pour cette journée de la femme, inséparable de l'homme, je citerai cet extrait tiré de Lettres à un jeune poètede Rainer Maria Rilke, p45-47 :

Rome, le 14 mai 1904 (...)

Pour qui jette un regard empreint de sérieux, tout comme la mort qui est difficile, le difficile amour n'a connu ni lumière, ni solution, ni signe, ni voie, et pour ces deux épreuves que nous portons au fond de nous et que nous transmettons sans les révéler, on ne pourra donner de règle générale fondée sur un accord. Mais dans la mesure où nous commençons à tenter de vivre individuellement, ces grandes choses s'approcheront plus prrès de nous, individus. Les exigences qu'impose à notre évolution le difficile travail d'amour ne sont pas à la mesure d'une vie et les néophytes que nous sommes sont incapables d'y faire face. Mais si à force de ténacité nous assumons cet amour comme une charge et un apprentissage au lieu de nous perdre aux jeux faciles et frivoles derrière lesquels les hommes se sont abrités échapper à la plus grave des gravités de leur existence-alors peut-être un petit progrès et un certain allégement se feront sentir àceux qui veindront longtemps après nous ; ce serait beaucoup.

Il est vrai, à peine commençons-nous à considérer les rapports d'un individu avec un second sans préjugés, avec objectivité et à nos efforts pour vivre une telle relation manquent des exemples à suivre. Pourtant l'évolution de notre époque paraît vouloir nous aider dans nos timides initiatives.

la jeune fille et la femme, dans l'épanouissement actuel qui est le leur, n'imiteront qu'un temps les bonnes et les mauvaises manières des hommes et n'adopteront qu'un temps leurs métiers. Une fois passées ces périodes transitoires incertaines, on constatera que pour les femmes ces multiples changements de déguisements (souvent ridicules)

-et inversement aujourd'hui pour les hommes, d'où le titre de cet article-

n'auront été qu'une étape pour purifier leur nature la plus authentique des influences de l'autre sexe qui la défiguraient. Les femmes, réceptacles durables d'uen vie plus immédiate, plus féconde et plus confiante doivent bien, au fond, être devenues des êtres plus mûrs, des êtres humains plus hulains que l'homme : lui, léger, jamais entraînné ddans les profondeurs de la vie par le poids d ufruit de ses entrailles, dans sa prétention et sa hâte sous-estime ce qu'il croit aimer. Cette humanité que la femmme a porté à terme dans la douleur et l'humiliation se révélera le jour où, e nmodifiant sa situation extérieure, elle se sera dépouillée des conventions de sa seule féminité, et les hommes, qui aujourd'hui encore ne le voient pas venir, en resteront surpris et abattus. Un jpur, seront là la jeune fille et la femme dont le nom ne marquera plus seulement l'opposition au masculin, et aura une signification propre, qui n'évoquera ni complément ni frontière, siplment vie et existence : l'être humain dans sa féminité.

Ce progrès transformera l'expérience amoureuse, actuellement plein d'errements, il la modifiera de fond en comble et il en fera une relation d'un être humain avec un autre et non pas d'un homme avec une femme. Et cet amour plus humain (qui se réalisera avec infiniement plus d'égards et de délicatesse, de bonté et de lucidité dans les liens noués et dénoués) sera assez semblable à celui que nous préparons en luttant rudement, à cet amour où deux solitudes se protègent, se limitent et s'estiment.

Cette réflexion date de 1904... Aujourd'hui, l'homme semmble parcourir la même transformation alors que la femme encore trop souvent, se refuse à l'évolution. On constate ainsi le retour du mariage, une hérésie selon les propos de RMR, un acte que l'on pourrait qualifier de réactionnaire. Mieux vaut alors se pencher et étudier ces ébauches de plus en plus réussies de familles recomposées, ceci dit en sachant combien les familles monoparentales sont douloureuses et un pis aller. Je reviens alors sur l'obstacle premier à l'émancipation de la femme , c'est-à-dire la femme qui se refuse de confier la garde de ses enfants au conjoint lors d'une séparation ou divorce toujours au nom de ce sacro-saint instinct de maternité. Je peux parler de "ça" d'une manière plus objective, étant moi-même une femme n'ayant pu le ressentir. L'adoption m'a alors conduite, il est vrai vers une autre relation avec le père de mes filles. Aujourd'hui, la garde des filles par leur père, après l'avoir moi-même assurée pendant plus de 4 ans, certainement par réflexe...doit être assumée par les deux. Le père, principalement, confronté au regard de la société ( récusant être veuf, enfin j'espère lol) à des questions inédites mais surtout à une relation toute autre avec ses enfants qu'il découvre autrement, assurément. Un rôle que je dois aussi assumer car encore (trop) rare. Je suis suspectée d'être une mauvaise mère, ne me préoccupant que de moi-même, de mon projet professionnel ou pire d'avoir été privée de cette garde pour inaptitude mentale. Bref, la situation choque encore davantage, plus de 100 ans après la Lettre de RMR, les femmes que les hommes. Ces derniers qui, s'ils veulent se voir accorder la garde de leurs enfants au minimum alternée, doivent se monter en association de défense. Parfois, ces situations peuvent aller jusqu' à déboucher sur un dénouement tragique, comme le suicide d'un père en fuite avec ses deux petites filles. Rien ne peut s'excuser, tout par contre peut se comprendre.

Je vais cesser de m'étendre sur un sujet oh combien passionnant mais la dernière conversation de ma fille me fait me rappeler un autre point important si l'on veut viser ce "couple humain" décrit par RMR. Notre conversation a porté sur les moyens de contraception et dans ce même "ordre" d'idée je lui ai essentiellement vanté le préservatif et non la pilule, chères consoeurs. Prendre à vie un médicament contre-nature pour soi-disant défendre sa liberté de femme n'est pas l'idéal. Le préservatif entraîne ce rapport à l'amiable entre deux personnes, le dialogue, le respect et n'empêche nullement la découverte. Il instaure une parité naturelle (caoutchouc!) et non imposée par la loi (un autre délire soit disant féministe que je qualifierais de ségrégationiste).

 

Je voulais initialement titrer cet article "où sont passés les hommes" et je me rends compte à l'issue de son écriture que l'on pourrait poser la même question à l'égard des femmes.

Cette précédente discussion avec ma fille et les conseils donnés ont pu paraître bien prétentieux de ma part. Kierkegaard écrit : "il ne suffit pas de savoir pour exister", le savoir qui ne saurait nous donner un pouvoir sur nous-même est vide. "le critère de ce qu'on a compris c'est la manière dont on vit et être ce que l'on dit". Voilà de quoi parler à l'oreille de mes collègues enseignants, j'y reviendrai.

Alors pour vérifier d'une certaine manière mes élucubrations, je demande à l'instant et à brûle pourpoint à mon aînée, âgée de 11 ans... : "Qu'est-ce qu'une femme?". Elle me répond : "un être humain".

Tout est dit. Je ne suis pas sa mère aux yeux des femères mais je suis assurément une femme et de cela j'en suis fière.

J'intitulerai donc mon article du nom d'une chanson "toi+moi" de Grégoire. Je ne connaissais pas ce texte jusqu'à ce que V. une amie rencontrée à l'Université me confie sa préférence, lors d'un portrait chinois sur le thème de la rencontre. Je lui dédie ce dithyrambe d'aujourd'hui qui dépasse bien la condition féminine.

Les hommes, comme les femmes n'ont donc pas encore disparu pour ne faire plus qu'un... être humain...

 

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