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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

ton exploit-RSR

R,

Réveillée par la soif et les douleurs je dois l'admettre. Je vais donc descendre les escaliers à reculons durant 1 ou 2 jours et me bourrer d'aspirine pour liquéfier mon sang, boire beaucoup et retravailler surtout.
Le secret? du pain et quelqu'un en tête.
Le pain pour avancer, le qq pour oublier...les douleurs et donc finir.
"finir c'est gagner"
L'ambiance était extraordinaire de gentillesse :
les bénévoles me remplissant mes fioles, les doigts trop gonflés de sang pour dévisser les bouchons, m'épluchant des oranges..., m'encourageant, me félicitant à chaque étape,
les enfants mains tendues sur la route des crêtes, ravis qu'au passage je frappe ma paume contre la leur,
les applaudissements de tous à l'arrivée pour chaque coureur jusqu'au dernier (10h30),
deux coureurs m'offrant une haie d'honneur pour que je puisse franchir la ligne sous la barre des 8h (7h59 donc),
les paysages magiques (toucher les névés, conquérir le honneck si loin et d'un coup atteint, voler au dessus des lacs vosgiens petits diamants dans leur écrin de sapins, plonger dans les vallées, dire bonjour, souriante comme si "de rien n'était" aux randonneurs des gr,
s'entendre dire que mes nattes sont ravissantes,
grimper des "murs", fouler l'herbe tendre des prairies, s'étourdir des cloches des troupeaux,  s'éblouir devant le mauve d'une pensée sauvage,
trébucher à maintes reprises en risquant le pire,et s'étonner de sa chance, sentir ses jambes qui ne répondent plus alors faire sans et courir avec la tête,
franchir seule la ligne d'arrivée mais recevoir instantanément de franches poignées de main de tous ceux croisés, doublés, compagnons de route qui deviennent l'espace d'un bref instant des amis intimes,
s'étendre dans l'herbe merveilleusement flottante environnée d'étoiles, connaître le plaisir (le mot est minuscule)d'une eau brûlante sur une peau frissonnante, ressortir un quart d'heure plus tard applaudie par une haie d'athlète attendant serviette au bras..., amusés mais pas fâchés,
déjeuner au soleil sur la terrasse, tongs aux pieds avec la satisfaction de la tâche accomplie, croquer dans une tarte aux pommes délicieuse caramélisée de cannelle, repas offert par l'organisation,
discuter avec des coureurs de tous les pays, apprendre que le marathon de BARCELONE est vraiment sympathique (et ressentir déjà l'envie de recourir!) et que confirmation New York est le must.  

Oui c'est tout cela et plus encore. L'ambiance tranche avec celle d'un mara&thon urbain, policé et anonyme. La course nature c'est un retour aux sources, à ses racines, à la terre. Le sentiment étrange de se sentir tout petit et puissant en même temps, dominer en grimaçant les douleurs de l'existence et "se contenter" du paysage, du chemin.

Ce n'est pas banal de penser à moi, r.
Et tu n'es pas petit pour me porter pendant 58km500.

s


nb : j'espère que je ne t'aurai pas saoulé par mes propos d'anciens combattants, je pense très fort encore à toi, la tête continue à courir ; elle, on ne l'arrête pas et la distance ne lui fait pas peur...
Après celles des enfants, tes mains j'en ai besoin.




>> Objet : ton exploit
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> Cantara, Dimanche 31 mai 2009, 57 km comment est-ce possible?
>
> S,
>
> J'ai pensé à toi aujourd'hui, intensément, d'où vient ta force?
> Quelle est cette conviction que tu entretiens à ce point pour affronter une telle épreuve?
> Je suis plus qu'étonné par l'exploit que tu viens de réaliser. Etonné par ta détermination,
> ta force, ton esprit à ce point conquérant.
>
> Alors ce soir je veux te dédier mas plus tendres pensées, mes plus doux gestes pour saluer
> cette victoire.
>
> Je me sens bien plus petit que toi, bien plus banal.
> Je rêve du jour où je pourrai, à la fin d'une telle course, te serrer dans mes bras, te féliciter, te décoller du sol
> et sentir tout contre moi cette force que tu détiens.
>
> Tu m'as dit que ton corps avait souffert devant l'effort soutenu à ce point.
> Je ne peux cacher ma peur à l'idée de ces blessures.
> Tu sais S, ces blessures sont aussi les miennes, partage les avec moi, je veux bien les prendre.
> Ce qui compte c'est que jsb soit au rendez-vous.
>
> J'ai hâte que tu me parles des aspects de cette course, des images et des sensations.
> C'est une victoire. Bravo. Encore une.
>
> D'où je suis ce soir, je pense intensément à toi, je t'attends et je m'enroule à ton corps entier.
> Tu sais que je t'aime.
> R.
>
>

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