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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

toujours plus

On veut des trucs nouveaux pour aller plus haut
Et des super machins qui nous mènent plus loin
On veut du neuf et du chic pour aller plus vite
Avec plus de confort et beaucoup moins d'effort

Après tout, nous sommes le marché
Nous avons le droit d'exiger
Et nous sommes majoritaires
Et vous devez nous satisfaire

Plus fort, plus fort
Encore, encore et toujours encore
Plus fort, plus fort
Pout nos sens et nos ventres et nos corps
Plus fort, plus fort
Plus grand, plus gros, plus vite et plus fort

On veut des grands desseins faciles à dessiner
Et des lendemains qui chantent sans avoir à chanter

On veut plus de savoir et bien moins de leçons
Les droits sans les devoirs, le reste sans un rond

Après tout, nous sommes le marché
Nous avons le droit d'exiger
Oui, nous sommes l'électorat
Et nous avons donc tous les droits


(...)Plus fort, plus fort... Jean Jacques Goldman
 

 

J'ai trouvé, les idées de simplicité et d'authenticité m'obsédant, un ouvrage qui semblait me correspondre, à la seule différence que je ne suis ni à(de) gauche, ni à droite mais nulle part.

La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance,Paul Ariès,

"Où trouver encore de la différence et la cultiver pour faire dissidence?" C'est à dire faire preuve encore d'un réel esprit critique capable d'éviter collectivement le pire, le retour de la barbarie où un seul individu peut entraîner le reste du monde dans l'horreur. Ariès prône la grève comme ultime révolution...Nous la ferons tous un jour la grève du travail, de la faim et même de l'amour! Quoique.

 

Le désespoir et le pessimisme s'accroissent parallèlement à la lente disparition des identités collectives (parfois avec raison) et des identités individuelles(avec la déculturation entre autre). Ces disparitions naturelles liées à l'économie (culte à la consommation) laissent les individus hagards et vulnérables.

Les gourous voient leur nombre exploser, la consommation de médecines douces , homéopathes ou allopathes grimper : peut -on encore rêver, imaginer lorsque nous sommes drogués en permanence...L'homme a besoin de rêver et pas artificiellement.! Il a besoin de rêver et même mieux de croire si ce n'est en dieu, en l'amour. L'amour la seule religion planétaire, sans église, ni guerre, ni paix ...

Développer nos capacités différentielles est une voie alors que la société exulte dans l'homogénéisation à tout crin au nom d'une rationalité issue de la science qui rassure et légitimise tout ce qu'elle produit, des produtis de sainteté. La science! n'aime guère ce et ceux qui ne vont pas dans son sens, ceux qui refusent au nom de la pensée et non de  la Raison ces "vérités". Les vérités sont faites pour le confort des gens heureux.  La science participe au principe "du toujours plus" donc, le vallium du siècle.

En voici un rapide inventaire :

  • toujours plus vite : les moyens de communication, de transports au mépris de l'environnement, du corps (disparition de la marche, des escaliers) et du mental

  • toujours plus loin : les vacances (on ne voyage plus pour la destination mais pour le prix), les plans de carrière, les anticipations, les prévisions (tueuses de rêves)

  • toujours plus longtemps : l'espérance de vie, les études

  • toujours plus : manger, voir, acheter , écouter, s'analyser : la nourriture ( explosion des buffets à volonté), les "bouquets" télévisuels, les sorties culturelles (cartes d'abonnement, musée ouvert la nuit), les achats 24h/24 sur le net

  • toujours plus posséder (parfois souvent virtuellement avec les crédits et les réseaux sociaux sur le net) : la maison, la voiture, la piscine, les appareils, les amis, la technique et les...connaissances (on parlera alors plus d'information que de formation), un casque greffé sur les oreilles et le pire payer pour être écouté!

  • toujours plus procréer (alors que Faire des enfants peut...tuer la planète, Michel Tarrier), accroître ses revenus, la production, ses chances!

     

    "toujours plus fort"

     

Seulement les ressources ne sont pas inépuisables et notre corps reste limité à ses dimensions non extensibles à l"infini. Les neurosciences nous parle aujourd'hui de plasticité cérébrale désirant maintenant réparer certes des cellules mais peut être aussi les étendre, les étirer, bref les manipuler. Cette manipulation est censée redonner l'espoir  au malades ou les lobotomiser encore un peu plus? Notre ressource inépuisable, inacessible à la science , c'est notre sensibilité, notre perception intime du monde. Les artistes de l'art brut en sont les pures merveilles.

Ce -toujours plus -séduit, emballe le commun des mortels mais aussi très souvent aliène et détruit les plus "pensants" et fait proliférer les biens pensants ou soit disant libres penseurs.

les déraisonnables, les rêveurs, doux souvent et jamais forts sont ceux qui s'il restait une seule chance de dévier le mouvement seraient au fond les plus amène d'être une force de proposition, de solution et..d'espoir. Ce sont les "esprits libres" de Nietszche, Par delà le bien et le mal, p75

"...et pourquoi des poètes en temps de détresse?" pouvons-nous encore aujourd'hui  comprendre cette question tirée d'une élégie de Hölderlin. Désormais, l'époque nous dit Hölderlin , est déterminée par l'éloignement du dieu, par le "défaut de dieu". Avec ce défaut, c'est le fond du monde même, qui fait défaut. C'est l'abîme qui dans l'âge de la nuit du monde, doît être éprouvé et enduré.

(Chemins qui ne mènent nulle part, Martin Heidegger, tel Gallimard, 1949)

Il nous faudra donc respecter et promouvoir le poète qui se cache en chacun d'entre-nous et sur ce sujet la responsabilité de l'éducation est entière. Bien sur l'élève devra savoir compter (toujours plus!) mais aussi développer ses compétences et aptitudes artistiques au gré de ses lectures et de ses discussions philosophiques..

L'imagination est l'arme de pointe pour faire de la créativité un atout de notre société en panne d'idée, d'envie et de volonté. Pour trouver, nos chercheurs doivent imaginer ce qu'ils pourraient chercher!

Nous parlerons dans un second volet de l'éducation du moins pour atteindre le plus haut.

Car si une direction, une localisation m'attire, ce n'est ni à gauche, ni à droite, au nord ou au sud mais en haut. Peu de candidats aux élections et donc peu  d'élus.

 

"Nous sommes minoritaires et

donc nous devons nous satisfaire nous-même

n'attendre des autres au mieux qu'un droit au passage

cacher nos ailes pour ne pas être lapidés

 

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