Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

un billet pour la rivière sans retour-SR

 

 

R,

Ce soir je vais écrire tout en vrac, comme ça me vient, étant assez émue de ce qui m'arrive, de ce que je dis, raconte aux autres.
D'abord R, tu dois savoir que tu es dans toutes mes conversations avec mes amis d'ici, ils veulent te voir, ne comprennent pas que tu ne sois pas là et que tu ne devras sous aucun prétexte manquer la prochaine saison de surf aux Monts Orford! Tu dois frémir de te savoir si investis, au coeur de mes conversations, de mes projets et intentions et là nulle intuition!
Tu dois faire attention à ton tour : les dés sont plus que jetés, le score est affiché : nous nous sommes gagnés, touchés, émus, imprégnés, contaminés, pénétrés. Nous sommes l'un dans l'autre et le l'un sans L'autre n'est plus du tout tu l'as dit d'actualité, fini, rayé du catalogue.Il a même perdu toute signification.
J'ai reçu aujourd'hui ta lettre, qu'il est bon de toucher quelque chose de toi si loin et d'un coup si près.Respirer l'intérieur de l'enveloppe, suivre du bout des doigts le mince relief de l'encre sur le papier.
Je pars mercredi prochain pour Québec où m'attendent Y et MA qui m'emmèneront à Chicoutimi au bord De la rivière Saint Jean encore plus au Nord de LA TUQUE, l'appartement qu'ils échangent comporte deux étages, j'aurai le mien et je pourrai donc mener ma vie comme je l'entends m'a dit Yvon! Tous les deux sont retraités de l'université et divorcés : ils se sont rencontrés alors qu'ils pensaient leur vie finie. L'année dernière lors de leur long périple en france ( août chez moi) ils faisaient leur voyage de noce.
Ce soir, en quittant chez Ferrari (restaurant italien) ils se tenaient par la main, j'étais émue.
A QUÉBEC, nous irons faire le tour de l'île d'Orléans chère à Félix Leclerc, ensuite nous résiderons jusqu'au 13 à Chicoutimi. Ils me laisseront de nouveau à Québec où je reprendrai mon bus pour Sept îles. J'ai finalement pu réserver 6 nuits à l'auberge de jeunesse...M'acheter une tente comme prévu initialement m'aurait coûter plus cher que les 6 nuits!
A midi j'ai déjeuné avec G (tu vois je te dis tout ) au Marché Public jean Talon jouxtant LA PETITE ITALIE...Il m'a raconté sa rencontre surprenante avec Cl, sa jeune épouse médecin guatelmaltèque revenant d'un congrès à Ottawa. Il a fallu que le siège entre eux dans l'avion soit libre pour qu'ils puissent se parler...Demain je suis invitée à la maison pour voir le petit Sam. C'est impressionnant comme ces personnes de l'autre bout de la planête me sont plus proches que mes quelques soient disant amis de France. Des amis véritables qui malgré les difficultés (distance, absence de téléphone, travail ) répondent présents et même mieux m'appellent, sont heureux de me retrouver et m'invitent chez eux, avec eux.
Tout cela est nouveau pour moi R. Ils m'ont dit que je rayonnais, que je semblais "vraiment " heureuse. Je leur ai dit que tout venait de notre rencontre et surtout de son avenir...Auquel j'adhérais et dans lequel je me projetais. Tu as peur n'est -ce pas?Tu sais tout le poids de ces mots?
Il était 16h lorsque je me suis arrêtée au bar L'international rue Zotique en plein coeur du quartier Italien prendre un serré puis...L'allongé je n'ai pas pu tant ce premier café était d'un tel concentré, en l'espace d'une gorgée j'étais devenue une fille arabica noire et crémeuse. La serveuse était un bijou d'expressivité, elle ne marchait pas elle dansait. Sur la terrasse j'entendais la musique sortant des voitures roulant vitres baissées. Soudain une pluie fine s'est abattue pas plus de 5 mn. Je t'ai regardé assis en face de moi sur la chaise de rotin : tu étais là buvant ton allongé me tenant la main. Non loin l'école "Ma petite patrie"
MA m'a avoué qu'il faisait beau seulement depuis le 24 juillet : je vais finir par croire que si je restais vivre définitivement au Québec, il n'y aurait plus d'hiver ici auquel on ne s'habitue jamais vraiment m'a confié MA même en y étant natif. Les températures extrêmes empêchent même de skier, la neige présente pendant presque 6 mois minimisent les déplacements à la  campagne.Ils n'ont trouvé personne en Europe pour échanger avec eux durant l'hiver et pas seulement à cause des vacances plus courtes.
Demain, pas de rendez vous enfin si 15h30 Y qui vient embarquer le vélo, il a rendez vous à Montréal chez le médecin avec son père agé de 98 ans. On vit longtemps au Québec, surement le froid qui conserve!  

-Où m'emmènez-vous ?
-chez nous!
Ce sont les dernières paroles échangées du film "La rivière sans retour" avec Robert Mitchum et Marylin Monroe visionné hier soir sur télé Québec.
Où m'emmèneras-tu R?
Je voulais ce soir te dire que je lisais, enregistrais chacun de tes mots même si je n'y répondais pas directement jusqu'ici. Oui.
"Un aller sans retour" ce sont tes mots.
Je prends un billet ( je ne dirais plus ticket) et je veux le composter avec toi. Personne ne restera sur le quai cette fois.

Nous partons tous les deux.


Mon tout

s

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article