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Levaisseaudor

Levaisseaudor

Ecrire, marcher pour laisser une trace. Correspondances imaginaires entre des êtres improbables. l'art "appliqué" de la rencontre. Actualité culturelle pas forcément actuelle. carnets (extraits) poético-philosophiques Impressions de voyage à mille lieues ou ici même.

un sourire volant-SR

Bld Sherbrook, Université Mc Gill. 17h

R,

Tes messages...Ce matin et tous les autres d'ailleurs je me réveille en pensant à toi, comme si je sortais de tes bras, douce de tes caresses. 
J'ai couru au hasard et ma course dans un air suffocant à peine respirable m'a menée au Parc JEAN DRAPEAU, lieu de l'exposition Universelle de 1967; j'ai longé le canal, le port moderne puis l'HABITAT67, un empilement de cubes-appartements parfois se retenant comme par magie, l'impression d'un jeu d'enfant inspiré et inventif. Ensuite j'ai "enjambé" le fleuve, familier nerf d'acier maintenant. Sur la piste, j'étais seule, croisant un drôle de piéton récitant des prières muni d'un chapelet. Vaguement inquiète, je suis parvenue en bout d'île sur un mini amphithéatre laissé à l'abandon, en fait le lieu de toutes les manifestations officielles de l'Expo67 dont l'inauguration.
Des gradins en béton délimitant une aréna d'herbe folle, le tout ceinturé par une passerelle en bois acajou, condamnée pour sa moitié à cause de sa vétusté. Sur une estrade en fond l'emblème de l'expo, des pavillons en cercle.
Caméra en bandoulière, je rencontre un membre de l'association de sauvegarde du patrimoine de l'Expo67. Il me raconte alors la cérémonie d'ouverture...Les personnes présentes et des anecdotes comme l'incident survenu à la princesse Grace. Il me montre les pavillons encore visibles : la sphère en tubes us, les pavillons français et canadiens. 
Après un passage à la fontaine d'eau, je parviens au belvédère, et sur la rose des vents énorme, dorée au sol, je décide de me poster sur l'Est en ta direction  mon amour. Un écureuil curieux s'étonne de cette drôle de girouette immobile. Un coureur vient recharger ses fioles d'eau, il est torse nu, il fait lourd. La peau ne respire plus, le corps ruisselle. J'aime cette sensation d'être une fontaine.

Je repars, j'ai décidé de magaziner cette après-midi dans le quartier anglais rue Peel. Ce soir, je dîne avec mes amis de Magog de passage à Montréal, ils décideront du restaurant. Tu sais depuis un moment, je me moque de décider de telle ou telle chose, tellement tout sans toi me semble sans réelle importance
J'aime beaucoup la ville en fait, surtout celle-ci parce que tu y es avec moi. Pensant sans cesse à toi, à ce que tu pourrais ressentir dans un tel lieu comme ce matin, parfois des mots m'échappent à haute voix, comme si je m'adressais à toi persuadée, sentant si fort ta présence à mes côtés. 
chaque jour, j'utilise cette huile de douche, la tienne. C'est comme une caresse, ma peau après, comme si tes mains l'avaient longuement parcourue.
Voilà deux fois que mon courriel disparaît mais je suis tenace, je passerai mon après -midi à t'écrire, enragée. Une seule chose compte : celle là. T'écrire, te parler, te raconter, te toucher, t'émouvoir. Te voir réagir comme tu veux : frémir, vibrer, reculer, bondir mais vivre à mes mots à nos mots.
R, tu es moi même si loin de moi. C'est comme ça, nous ne pouvons plus rien changer. Et c'est si agréable cette chose...qui tombe sous le sens. Se laisser faire. Parce qu'on a confiance mains tenant.
Comment nous reetrouverons-nous? Cela sera-t-il supportable? Je veux dire...au niveau cardiaque?

Mon voyage de retour sera magique, je le pressens : l'avion surtout car je volerai...vers toi.

R...je souris, tu le vois? C'est pour toi seul.

 

Rd

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